30ème journée de C.F.A du groupe B - AS Yzeure 2 - 2 US Raon l'Etape, SAS Epinal 1 - 1 AS Moulins, Jura Sud Foot 4 - 0 HS Vesoul, FC Sochaux 2 - 0 FC Mulhouse, Lyon 3 - 1 MDA Chasselay, AS Lyon Duchère 2 - 3 ASM Belfort, FC Montceau 0 - 1 FC Villefranche, US Sarre Union 0 - 1 AS Saint-Priest

CAPITAINE FEMME

Le 17 juin 2014 - Vu 359 fois

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 D'abord coach à l'US Raon l'Etape, Delphine RONDEAU a répondu à l'appel des sirènes du District des Vosges

 Venue à la discipline très tôt, Delphine Rondeau, la nouvelle responsable du football féminin du département sait où elle veut aller pour promouvoir le ballon rond auprès de ces demoiselles.

District des Vosges

Ceintrée, la robe laisse transparaître une silhouette fine et élancée.

Elégance faite femme.

Pourtant, on peut qualifier Delphine Rondeau de garçon manqué.

N’a-t-elle pas été aspirée par le tourbillon du ballon rond. Au point d’y consacrer, aujourd’hui, la grande majorité de son temps, quand elle n’exerce pas dans la comptabilité. « C’est une passion familiale , souligne la nouvelle responsable du football féminin dans les Vosges. Mon père jouait et m’a fait découvrir ça. A la maison, c’était même vindicatif car on défendait tous les couleurs d’un club différent et lors des soirées télévisées, c’était animé. Après, quand mon fils a commencé à jouer à Etival, je l’ai suivi. J’accompagnais et un jour mon père m’a parlé du football féminin et m’a demandé si cela m’intéressait. »

La jeune femme de trente-cinq ans se lance alors dans l’aventure.

Le plongeon dans le grand bain s’effectue.

Au fil du temps, elle s’implique du côté de l’US Raon-l’Etape.

Elle devient alors coach et responsable de la section féminine qui compte actuellement quelque cinquante-trois licenciées. « De temps à autre, je suis joueuse, mais pour dépanner », glisse l’intéressée. Son travail ne passe pas inaperçu et est évoqué dans les hautes sphères du District des Vosges. Si bien qu’un jour, Johann Herr, qui avait enlevé sa casquette du coach de Sainte-Marguerite pour revêtir son costume de membre du comité de la maison départementale, l’a sollicitée. Et lui a proposé de relever le défi : chapeauter l’ensemble des formations féminines vosgiennes (soit un club, l’ASFF Epinal et dix sections, ce qui représente 406 joueuses). « Raon-l’Etape et le District, c’est complémentaire , pose Delphine Rondeau. Je suis tout à fait dans la même ligne de conduite. Tout ce que j’entreprends, c’est pour Raon et le foot vosgien. »

« Il y a un créneau à prendre, à ne pas louper »

La volonté fédérale de promouvoir et de développer le football féminin n’a fait que précipiter les choses pour la jeune femme qui réside à La Voivre.

« Il y a un créneau à prendre, à ne pas louper , lance-t-elle. Le projet de la Fédération Française est d’atteindre les 100 000 licenciées en 2017. Aujourd’hui, nous sommes environ 75 000. Cela montre que les mentalités changent. A notre niveau, on met en place des centres d’animation (voir par ailleurs). Ce qui se passe actuellement, c’est que beaucoup de filles préfèrent rester dans leur club où elles sont en mixité, jusqu’en U15. Après, il n’y a plus de possibilité pour elles de jouer avec les garçons. Il faut qu’elles attendent d’être seniors. Il faut donc donner l’opportunité aux jeunes filles de continuer. »

La création de sections au sein des associations jusque-là essentiellement consacrées à la gent masculine va dans ce sens.

« Notre souhait est de constituer des pôles forts, ajoute Benjamin Bertrand, le Conseiller technique départemental. L’an prochain, sur chaque secteur géographique, il y aura des clubs référents. »

Avec, de préférence, des femmes aux commandes.

« Une jeune fille footballeuse est plus compliquée à gérer qu’un garçon, dit Delphine Rondeau pour expliquer cette volonté de mettre le sexe faible sous l’autorité d’une dame. Nous les femmes, avec plus de douceur qu’un homme, on arrive à plus de choses. »

« Je suis convaincu que si l’encadrement est féminisé, les jeunes filles accrocheront. Les femmes ont une psychologie différente de celle des hommes », abonde Benjamin Bertrand.

Totalement imprégnée de la discipline et de l’objectif à atteindre, Delphine Rondeau n’en demeure pas moins consciente que la tâche qui lui incombe ne sera pas un long fleuve tranquille.

« Dans les Vosges, on est bien accepté par les clubs qui comprennent notre démarche , conclut celle qui avait croisé, l’an dernier à Clairefontaine, un des ambassadeurs du football féminin, l’ex-international Robert Pires. Aux yeux du grand public, l’image des filles est beaucoup plus belle que celle des garçons. Les clubs le savent et nous aident. Mais le football reste un sport très macho. Il faut s’armer de patience. Mais depuis quelques mois, il y a une prise de conscience qu’il y a vraiment de la place pour les filles. » Paroles de capitaine.

« On va voir germer les équipes féminines dans les prochaines années. »

Benjamin Bertrand est optimiste.

Il faut dire que depuis la saison 2011-2012, les effectifs vosgiens concernant le sexe faible ont augmenté de plus de 20 %, le responsable technique du District suit, à travers des projets, la trajectoire que dessine la Fédération Française de Football depuis quelques années, qui veut faire la part belle aux dames et demoiselles dans le giron du ballon rond.

« Au niveau fédéral, il est important d’avoir une vitrine (l’équipe de France, quatrième au dernier classement mondial), mais le tort a été de croire que l’on fait le football par le haut. L’objectif prioritaire à l’heure actuelle est de donner davantage de consistance à la base de notre pyramide de pratiquantes » , poursuit l’ancien entraîneur de Saint-Etienne-lès-Remiremont.

De fait, pour développer le football féminin dans les Vosges, trois types d’actions sont proposés. Tout d’abord, la mise en place de Centres d’animation féminin (CAF).

Des organisations qui reposent sur la volonté des clubs d’offrir une pratique exclusivement féminine à l’aide de séance de découverte et d’initiation pour les jeunes filles âgées de 6 à 12 ans. « La priorité est de favoriser la pratique de masse » , commente Benjamin Bertrand.

Ensuite, inciter l’organisation de journées événementielles, comme cela a été le cas à Saint-Amé, avec la mise en place d’une rencontre U11-U13 en lever de rideau d’une rencontre de l’équipe fanion masculine.

Ou encore à Raon-l’Etape et Mirecourt, sous la forme d’une journée du football féminin.

Enfin, effectuer des rassemblements ponctuels d’équipes et de licenciées s’inscrivant à la fois dans le cadre du développement de la pratique et celui de la détection de jeunes talents.

« En terme de licences, on travaille étape par étape pour faire du qualitatif », lance encore le responsable technique départemental, qui sait qu’il ne manquera pas de pain sur la planche.

Mais le jeu en vaut la chandelle.

Vosgesmatin  Francis. VERDUN.de Vosges matin

 

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Date de dernière mise à jour : 18/06/2014