30ème journée de C.F.A du groupe B - AS Yzeure 2 - 2 US Raon l'Etape, SAS Epinal 1 - 1 AS Moulins, Jura Sud Foot 4 - 0 HS Vesoul, FC Sochaux 2 - 0 FC Mulhouse, Lyon 3 - 1 MDA Chasselay, AS Lyon Duchère 2 - 3 ASM Belfort, FC Montceau 0 - 1 FC Villefranche, US Sarre Union 0 - 1 AS Saint-Priest

Défense d'entrer

Qualification pour les 8èmes de finale de la Coupe de France

LE JEU ET LES JOUEURS

Après avoir décrypté les caractéristiques du jeu istréen à plusieurs reprises, Jean-Philippe Séchet, l’entraîneur raonnais, en était venu aux mêmes conclusions que de nombreux observateurs de la Ligue 2.

Cette formation provençale développe un jeu chatoyant fait d’inspiration et de mouvement.

Le potentiel technique de quelques individualités ne faisait que renforcer ses craintes.

C’est ce qu’il redoutait en priorité même.

Sans changer fondamentalement son système (4-2-3-1) même si Géhin a finalement débuté en lieu et place de Nyamwisi, le coach de la Porte des Vosges voulait surtout s’appuyer sur un bloc solide.

Pour espérer tenir tête à un opposant plus huppé, c’est souvent le passage obligé. Et dans ce domaine, l’US Raon-l’Etape a du répondant.

Hormis la tête d’Akrour sur le montant en début de match, l’édifice n’a jamais tremblé.

Pourtant, l’absence de Jérôme Scolan dans la cage aurait pu être préjudiciable.

Mais lorsque le remplaçant se nomme Romain Lambay , il n’y a guère de soucis à se faire : « On a la chance d’avoir trois très bons gardiens au club » , soulignait Amara Keita, le défenseur vosgien.

Désormais en retrait pour privilégier sa reconversion… dans les espaces verts, l’expérience de Romain Lambay s’est avérée précieuse.

C’est dans ces moments que l’on apprécie d’avoir fréquenté les rangs pros à Clermont ou le National pendant de multiples années : « J’ai su mardi soir que j’allais jouer. Scol’ (Jérôme Scolan) a fait un essai mais ça n’allait pas. Je n’avais pas d’appréhension même si je n’avais pas trop joué ces derniers temps. On peut dire que je reviens par la grande porte. Pour le tour d’avant, j’étais en vacances et je ne suis revenu que mercredi dernier » , commentait en souriant l’intéressé. Sauvé au bout de neuf minutes par le poteau, l’ancien Valenciennois est intervenu à bon escient sur plusieurs coups de pied arrêtés ou sur les frappes sans réel danger qui lui ont été adressés en 2e  mi-temps.

S’il n’a pas eu un travail démesuré à accomplir, il peut tirer un coup de chapeau à ses coéquipiers.

Et notamment à son axe central, William Séry – Amara Keita. Pour beaucoup, cet attelage est une référence en CFA.

Encore une fois, ils se sont montrés intraitables.

Que ce soit face aux deux pointes ou devant le seul Nimani, ils ont commis un sans-faute avec un sang-froid et une concentration du meilleur effet.

Tout ceci sans concéder le moindre coup franc : « Le coach nous avait dit qu’il y avait de très bons attaquants en face. On savait qu’on devait bien défendre. Avec William, cela fait trois ans qu’on joue ensemble, on se connaît très bien » , expliquait Amara Keita. « On est là pour tenir les attaquants. On s’était bien préparé et on a su s’adapter » , assurait William Séry.

Les côtés ont également apporté une excellente contribution. A droite, Maxime Kelsch a parfois souffert face aux percussions de Yahia Chrif puis de Niangbo.

A l’arrivée, l’ancien Nancéien s’est accroché et n’a pas laissé passer grand-chose.

De l’autre côté, Loïc Demangeon a été moins sollicité mais il a fait dans le sérieux en rendant une copie des plus propres sans aucune fioriture.

La participation offensive des deux latéraux n’a pas été faramineuse.

Mais ce n’était pas le jour.

Un cran plus haut, le duo Feyzullah Simsek – Benoît Patin n’a pas donné sa part aux chiens en quadrillant à merveille le terrain.

Le premier nommé a été au four et au moulin avec cependant quelques pertes de balles dans des zones dangereuses.

Mais, il a aussi effectué des percées dont une a provoqué l’exclusion de Barillon.

Pour sa part, Patin a fait valoir ses qualités techniques et sa vision du jeu.

Elles ont été très utiles pour orienter le jeu, temporiser et desserrer l’étreinte quand celle-ci commençait à être oppressante.

HAMZAOUI INTENABLE

Posté côté droit de la ligne de trois située devant le bloc défensif, Samir Ketlas a considérablement empoisonné l’existence d’un arrière latéral (Cantareil) présentant un CV trompeur.

Travailleur et percutant, l’ex-Lunévillois n’a jamais baissé de pied.

Au centre et en soutien de l’attaquant, Romain Géhin a été dépassé par les événements.

Son manque de compétition a été criant. Néanmoins, sa remise et son écran sur le but de Benkajjane (18e ) ont été décisifs.

Venu à la rescousse à la pause, Trésor Nyamwisi a d’abord repris le flambeau avant de s’exiler à gauche.

Auteur d’une grosse frappe, d’un raid repris in extremis, il a pesé.

Il aurait même pu doubler la mise en fin de match avec un brin de discernement.

A gauche puis dans l’axe, Mounir Hamzaoui a rayonné.

Très sûr sur le plan technique mais sans en rajouter, il a été une menace constante pour la défense visiteuse.

Tantôt fuyant, tantôt percutant, il a remarquablement manœuvré avec une activité de tous les instants.

Avec un peu plus de lucidité et d’application sur la fin, il aurait pu permettre d’alourdir la marque.

Seul en pointe, Hassan Benkajjane a mis du temps à trouver les bonnes relations techniques avec ses partenaires.

Mais son premier ballon exploitable, il l’a transformé en or.

Son enchaînement technique et sa frappe précise ont été des modèles.

Généreux comme à l‘accoutumé, il a usé des gardes du corps qui n’avait guère envie de lui livrer un combat rapproché.

Sauf que cet abattage s’est fait ressentir dans la zone de vérité.

Ainsi, il a gâché quelques situations favorables par manque de lucidité.

Il a été remplacé à la 76e par Olçay Kaya afin de solidifier encore l’ensemble.

Souvent pris à partie par le public il y a quelques années, il a dû apprécier les applaudissements qui ont accompagné son retour vers le banc.

Dans la liesse et l’euphorie, tout paraît en effet idyllique.

Comme la veille à Epinal, l’équipe de L2 n’a pas présenté son alignement type.

Cette option dictée par les contraintes d’un championnat ouvert à toutes les possibilités a pesé.

La hargne et l’extrême motivation raonnaise décuplées par certaines remarques désobligeantes à propos d’une aire de leu pourtant présentable ont permis d’effacer les deux divisions d’écart.

Sans rythme et en privilégiant la conservation à outrance du ballon, Istres s’est fourvoyé sans faire montre d’une envie démentielle.

Même le changement tactique (4-4-2 puis 4-3-3) décrétée à la pause n’a rien changé.

Les quelques éclairs de Yahia Chrif où certains coups de pied arrêtés n’ont guère désarçonné Raon-l’Etape. 
 

vosges-matin.jpg  A.P

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