30ème journée de C.F.A du groupe B - AS Yzeure 2 - 2 US Raon l'Etape, SAS Epinal 1 - 1 AS Moulins, Jura Sud Foot 4 - 0 HS Vesoul, FC Sochaux 2 - 0 FC Mulhouse, Lyon 3 - 1 MDA Chasselay, AS Lyon Duchère 2 - 3 ASM Belfort, FC Montceau 0 - 1 FC Villefranche, US Sarre Union 0 - 1 AS Saint-Priest

Et si c'était possible ?

ET SI C’ÉTAIT POSSIBLE ?

L’obstacle est conséquent.

Il se nomme le FC Girondins de Bordeaux, un des plus beaux fleurons du football hexagonal.

De quoi décupler les forces d’une US Raon-l’Etape qui n’aura strictement rien à perdre.

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Sur le bord de la touche, Samir Ketlas se met à l’abri de la neige fondue qui s’est emparée du stade Paul-Gasser.

Victime d’un coup au mollet, le milieu de terrain ne s’est pas entraîné, hier, à la tombée du jour.

Simple contretemps.

Le Dieuzois tiendra sa place ce soir sur le flanc droit de l’entrejeu. Il a pu, comme ses partenaires, rêver à un fol exploit cette dernière nuit.

Voilà donc ce huitième de finale dans la ligne de mire. Voilà donc les Girondins de Bordeaux, cette « troisième défense du championnat de Ligue 1 » ; cette équipe dans laquelle figurent « des internationaux » ; ce club « au palmarès éloquent », qualifiait Jean-Philippe Séchet, décontracté lors de cette veillée d’armes. L’entraîneur de l’US Raon-l’Etape résumait pour finir : « C’est une référence. »

Un ténor de l’élite, seulement renvoyé dans son antichambre au terme de la saison 1990-1991, en raison d’un déficit budgétaire abyssal de 45 millions d’euros.

De quoi imposer un certain respect pour n’importe quel adversaire. Surtout si celui-ci doit combler trois divisions.

Cela étant, dans les rangs vosgiens, on ne le voit pas de cet œil-là. « Bordeaux, ce n’est pas une montagne, concède Jean-Philippe Séchet, vainqueur de la Coupe de France avec le Paris-Saint-Germain et qui parle en connaissance de cause. Cela serait une montagne si nous avions quelque chose à perdre. »

Or là, c’est plutôt tout le contraire. « Nous n’avons qu’à prendre du plaisir , à offrir du plaisir , pose le coach.

Bordeaux, c’est une grosse équipe.

Il ne faut pas croire qu’elle va mal.

Elle a perdu deux matchs en championnat après avoir disputé deux matchs de Coupe d’Europe.

La Coupe d’Europe fait qu’on y laisse des plumes. Les difficultés actuelles de Bordeaux sont aussi relatives à un effectif qui compte des blessés (Henrique, Mariano, Rolan et Nguemo).

Nous, on ne joue qu’en CFA. On a juste quelque chose à montrer, pas à prouver. Notre objectif, c’est le championnat.

La Coupe de France, ce match, ça doit être la cerise sur le gâteau.

C’est pour ce genre de rencontre que l’on fait du foot. » 
  

« SI NOUS SOMMES TROP DÉFENSIFS, C’EST LE MEILLEUR MOYEN POUR PRENDRE UNE VALISE. » 
 

Pour, aussi, faire vibrer tout une enceinte, une ville qui a affiché ses couleurs durant ces dernières heures. « On espère être poussés par un stade plein », envisage Jean-Philippe Séchet. Les Raonnais rentreraient ainsi à l’échauffement, en fin de journée, gonflés à bloc, habités par cette volonté de franchir l’écueil, de déplacer ce roc. « Il faut avant tout avoir envie, être concentrés, ce qui fera que l’on jouera d’égal à égal avec eux , déclare l’entraîneur. Si on est à 100 % dans l’envie, la concentration et qu’eux sont également à 100 %, alors ils seront meilleurs. »

Quitter l’aire de jeu sans regrets est donc une priorité, un leitmotiv qui peut ajouter à l’ambition des Vosgiens. « On cherchera à pratiquer notre football , insiste Jean-Philippe Séchet. Il faut se baser sur nos forces. » Et faire abstraction de l’enjeu. « Si on les laisse s’installer d’entrée dans le match, dans notre camp, on aura du mal, estime le technicien. Si nous sommes trop défensifs, c’est le meilleur moyen pour prendre une valise. Il ne faut pas reculer de trop et risquer de commettre des fautes basses. Ils sont capables de les transformer. La clé, ce sera de les faire douter le plus longtemps possible. »

Si le plan de bataille se dessine de la sorte, alors, tout deviendrait possible pour un groupe raonnais qui, on le rappelle, demeure sur une série d’invincibilité qui dure depuis le 6 octobre dernier ! C’est dire la solidité d’un ensemble que l’on a senti serein hier. « Sur les deux matchs qu’ils ont perdus dernièrement, les Bordelais nous ont montré leurs faiblesses , conclut Jean-Philippe Séchet.

Contre le Dynamo (de Kiev en Ligue Europa), on a pu voir leur force de caractère, leur rigueur défensive.

Je ne crois pas qu’ils vont venir avec la fleur au fusil en cette période où ils sont moins bien. Ils sont à trois matchs du plus court chemin pour retrouver l’Europe. »

Les Raonnais, eux, sont à une heure et demie, voire deux, du pur bonheur.

  « NOUS ALLONS ÊTRE REÇUS »


  
A l’instar de ses congénères de l’élite, l’entraîneur des Girondins de Bordeaux, Francis Gillot, n’accorde que de rares points presse aux médias.

Une fois par semaine, le coach livre ses impressions.

Lundi, l’ancien responsable technique de Sochaux, qui a prolongé son contrat pour deux ans, s’est donc épanché sur le prochain match de son équipe, ce rendez-vous avec la Coupe de France.

Une épreuve dans laquelle les Aquitains ont franchi les deux premiers obstacles. « Nous avons failli nous faire piéger à Châteauroux et Moulins , a-t-il indiqué sur le site des Girondins.

Ces deux expériences se sont bien terminées mais nous ne sommes pas passés loin de l’élimination J’espère que nous allons retenir ces deux rencontres. » Pour écarter Raon-l’Etape, les Bordelais devront « se méfier » selon Gillot. Et ne pas faire preuve de suffisance. « Il ne faut pas mettre les ‘’godasses’’ pour gagner.

Ce n’est pas comme ça que cela se passe. Les amateurs s’entraînent trois fois par semaine. En ce moment, je suis même sûr qu’ils s’entraînent plus que nous. Nous allons être reçus à Raon. » Le message de Gillot est sans équivoque.

Et plutôt deux fois qu’une, lui qui a ‘’écarté’’ Bellion et Ben Khalfallah pour « rendement insuffisant ». Les deux hommes s’entraîneront aujourd’hui avec la formation de CFA (Trémoulinas est laissé au repos). « Nous sommes bons quand on a peur. Nous avons été bons à Lyon et Paris parce qu’on a la trouille, tonne le Nordiste. Quand on a moins peur, et c’est ça le problème, il y a un peu de suffisance et moins de préparation mentale. […] Ce que nous faisons contre des gros et pas contre des soi-disant ‘’petits’’. Mais aujourd’hui, nous n’avons pas de raisons de prendre les autres pour des petits car nous ne sommes pas bien grands. » C’est dit…

 vosges-matin.jpgFrancis VERDUN

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Date de dernière mise à jour : 27/02/2013