30ème journée de C.F.A du groupe B - AS Yzeure 2 - 2 US Raon l'Etape, SAS Epinal 1 - 1 AS Moulins, Jura Sud Foot 4 - 0 HS Vesoul, FC Sochaux 2 - 0 FC Mulhouse, Lyon 3 - 1 MDA Chasselay, AS Lyon Duchère 2 - 3 ASM Belfort, FC Montceau 0 - 1 FC Villefranche, US Sarre Union 0 - 1 AS Saint-Priest

Il y aura toujours un goût amer

C’est sa main que Laurent Duhamel sanctionna du penalty du deux partout face à Bordeaux.

S’il peine encore à s’en remettre, Maxime Kelsch tient déjà le discours d’un homme tourné vers une fin de saison où Raon-l’Etape peut encore briller.

comme-ses-partenaires-maxime-kelsch-a-livre-un-match-de-titan-face-a-bordeaux-mais-ressasse-encore.jpg

Il a encore le script de cette 113e minute.

Quand Abdou Traoré le fit danser à trois reprises comme autant de feintes de centre, à l’angle de la surface de réparation, avant que l’ailier bordelais ne tente enfin de mettre le ballon dans la boîte.

Maxime Kelsch se retourne, sent l’impact dans sa main.

Et entend le coup de sifflet.

Le latéral raonnais comprend tout de suite, et se souvient du dialogue mot pour mot. « L’arbitre me dit qu’il est obligé de siffler parce qu’il y a main. Je lui réponds’’vous pensez vraiment que j’ai fait exprès ?’’. Il me répond’’Oui, vous le verrez à la vidéo’’. C’est sûr, à 2 - 1 à quelques minutes d’un exploit, je vais faire exprès de commettre une main dans ma surface… »

On connaît la suite : en deux temps, Diabaté marque l’un des penalties les plus hideux de l’histoire, et la séance complète qui s’en suivit tourna à l’avantage des plus réguliers dans l’exercice.

Mais ce n’est pas cette loterie que le latéral droit raonnais a en travers de la gorge.

« Une équipe de L1 n’a pas besoin d’un tel coup de main » , lance-t-il, sans jeu de mot à deux balles, dans un relent d’amertume empreint de sincérité : « Honnêtement, on aurait perdu 3-0, ça serait mieux passé. Mais là, le scénario, jusqu’au tirage derrière (Raon-l’Etape aurait accueilli Lens à Gasser) , et se dire qu’on a perdu comme ça… Je me dis encore’’mais pourquoi j’avais mon bras à cet endroit-là ?’’ ». Et on vous passe les quelques jurons entendus durant l’échange. « De toute façon, il y aura toujours un goût amer » , tranche-t-il.

Voilà l’une des maladies du footballeur, capable de culpabiliser seul du sort d’une rencontre où chaque passe bien ajustée ou non, chaque frappe, chaque seconde différente du script établi alors, aurait pu inverser son sort dans les grandes largeurs.

Mais où l’histoire, elle, narguera sans relâche l’auteur du geste dont elle dira qu’il fit tout basculer.

Elle oubliera de retenir que Maxime Kelsch, comme ses partenaires, livra un match de titan, lui le latéral, dans un des rôles les plus délicats qui soit lorsqu’un club amateur sent qu’il peut s’offrir le scalpe d’un club de l’élite.

A plus forte raison quand il voit débarquer Maurice-Belay et Obraniak à la pause.

« Lui (le premier cité) , quand il a accéléré sur son premier ballon, tu te dis ’’oula, va falloir s’accrocher, il va à 2000 à l’heure’’ ! Et Obraniak, entre les lignes, il était horrible à marquer.

Là, tu comprends que tu joues du haut niveau, comme quand tu vois le niveau technique des Plasil, Sertic ou Faubert, leur vitesse d’exécution, de passes… Mais on s’est tous dit qu’on avait une chance, qu’il fallait jouer.

Dans les couloirs, on ne réfléchissait pas trop au moment de monter, mais on savait que si on le faisait, ça devait être des ‘’coups sûrs’’. Parce qu’à la perte du ballon, on allait se faire avoir. »

Au presque parfait dans son rôle, Maxime Kelsch peine à se sortir cette seule 113e minute de l’esprit. Même si l’engouement autour de la rencontre laissera des images très fortes.

Et même si les jours qui suivirent l’aidèrent pourtant à passer à autre chose.

« Entre nous, tout ce qu’on évoque, c’est le niveau de certains joueurs.

Pas plus. On savait tous qu’il fallait vite se remettre dans le championnat, sans quoi on allait en prendre une belle à Lyon Duchère.

Or, on avait une revanche à prendre sur le match aller .

Lyon avait égalisé en fin de match, et avait pas mal chambré… »

De revanche, il sera beaucoup question pour cette deuxième partie de saison.

Sur des matchs aller où Raon-l’Etape n’a pas récolté les fruits de ses bonnes productions.

Et sur le sort d’un seul match de coupe de France qui pourrait à la fois faire prendre conscience à chacun de leurs capacités, et donner envie à tous de laver ce qui restera comme une déception, en s’offrant une belle destinée à plus long terme.

« La montée ? Entre nous on en parle, concède Maxime Kelsch.

M ais en rigolant, sans se prendre au sérieux.

Genre’’Faut faire gaffe, parce que si on continue comme ça, on va finir par monter’’. Mais quand on voit ce qu’on est capable de faire à Lyon Duchère (où il n’a pas joué) , même si la victoire 3-0 est sévère pour eux, je pense que pas mal de joueurs sont conscients de ce que l’équipe, bien rôdée maintenant, peut faire quand elle ne se prend pas la tête. »

Alors arrête de te la prendre, Maxime.

Les parieurs pourraient commencer à écarquiller les yeux.

Oui, le 10e de ce groupe B de CFA, qui n’a remporté aucun match à domicile en championnat cette saison, pourrait d’un coup (re) devenir un candidat crédible à l’accession en National.

La gifle collée sur les joues duchéroises ce week-end n’en est qu’une preuve supplémentaire.

Car depuis la trêve hivernale, les suiveurs de l’US Raon-l’Etape qui ont eu la chance d’assister aux seules huit rencontres des troupes de Jean-Philippe Séchet depuis fin décembre (surtout qu’à part Istres et Bordeaux en coupe de France, tous les autres matchs sont à l’extérieur !), attesteront que cette équipe, largement remaniée l’été dernier, a trouvé son identité et son rythme.

La preuve : sur 90 minutes, plus personne, pas même Bordeaux, ne l’a battue depuis Grenoble le 6 octobre…

Reste que pour ferrailler avec les autres prétendants au National, Raon-l’Etape, ses 48 points actuels et ses 18 matchs joués, virtuellement devant le leader grenoblois (59 points en 22 rencontres) et proche de Mulhouse (56 points en 19 matchs, une des trois rencontres en retard étant un Raon-l’Etape – Mulhouse), devra rentabiliser ses matchs en retard à la hauteur de ce qu’il réalise hors de ses bases depuis le début de saison (une seule défaite, à Mulhouse, le 25 août).

Illisible à l’heure actuelle, le classement de ce groupe B de CFA va considérablement s’éclaircir dans les semaines à venir.

Revenue à son seul pain quotidien, l’USR, qui ne sait toujours pas quand elle jouera ses rencontres reportées face à Mulhouse et Sarre-Union, va se voir offrir un copieux programme en mars.

Six rencontres, dont cinq à domicile (Belfort, Villefranche, Paris SG 2, Chasselay, UJA Paris), entrecoupés d’un déplacement… à Grenoble.

« Je me dis encore ’’mais pourquoi j’avais mon bras à cet endroit-là ?’’ »

vosges-matin.jpgM. Pierre-Emmanuel. BLUM.

Les commentaires sont clôturés

Date de dernière mise à jour : 06/03/2013