30ème journée de C.F.A du groupe B - AS Yzeure 2 - 2 US Raon l'Etape, SAS Epinal 1 - 1 AS Moulins, Jura Sud Foot 4 - 0 HS Vesoul, FC Sochaux 2 - 0 FC Mulhouse, Lyon 3 - 1 MDA Chasselay, AS Lyon Duchère 2 - 3 ASM Belfort, FC Montceau 0 - 1 FC Villefranche, US Sarre Union 0 - 1 AS Saint-Priest

Pour grandir encore

L’US Raon-l’Etape peut afficher sa fierté après avoir poussé Bordeaux dans ses derniers retranchements.

Et bâtir là-dessus

1er mars 2013.

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L’histoire est faite ainsi.

De moments de joie intense mais aussi de profond désarroi. Mercredi soir, les joueurs de l’US Raon-l’Etape, son staff et l’aréopage dirigeant, oscillaient entre les deux.

Affoler les Bordelais à telle enseigne que les Aquitains ne se privèrent pas de fêter leur qualification aux tirs au but autour du dernier frappeur, Sané, restera comme le fait d’arme le plus marquant de cette confrontation pourtant disproportionnée au coup d’envoi.

Mais subir ce revers, sans avoir perdu, après cet autre fait d’arme, ce penalty que tous qualifièrent de « sévère », relève de l’injustice et engendre la frustration la plus totale.

Cela étant, Jean-Philippe Séchet le premier pouvait bomber le torse après la prestation d’ensemble d’une équipe qui est demeurée dans une ligne de conduite tracée depuis de longues semaines.

« Mon équipe est joueuse et voulait aller marquer le troisième but alors que l’on aurait dû fermer le jeu », lâchait le responsable technique.

C’est certainement là qu’il faut y voir le plus beau succès d’une entité raonnaise à qui on peut promettre des jours heureux si elle continue dans ce sens.

« Notre objectif est toujours et sera toujours le championnat, résumait ainsi le coach devant les micros des radios et les caméras. Ce match doit nous faire progresser encore, nous apporter ce qu’il nous manque encore pour être encore meilleur. » 
  

UNE MANNE FINANCIÈRE QUI ARRIVE À POINT 

 A la série de dix-sept matchs sans défaite s’est ainsi ajoutée une autre performance sur laquelle les protégés du président Jean-Pierre Rossi peuvent s’appuyer.

Mais Jean-Philippe Séchet prévient : « On va à Lyon Duchère samedi et la Coupe de France est une compétition qui fait perdre des plumes aux équipes. J’espère que ce ne sera pas notre cas. »

La réalité a vite repris ses droits.

Entre fierté et regrets, tous ont compris que le plus important demeurait ce pain quotidien à gagner sur les terrains de CFA et non cette Coupe de France, cette vieille dame si souvent désirée, pas toujours prête à se laisser séduire par les plus modestes.

Mais l’aventure fut belle. Et le compliment de Ludovic Obraniak, le plus lorrain des Bordelais, pouvait réchauffer des cœurs meurtris mais aux pulsations si fortes.

« On a eu peur, c’est fou ce qu’on a souffert , déclarait à chaud le milieu de terrain. Notre joie est mesurée car nous sommes tombés sur une très bonne équipe raonnaise. » Quand Francis Gillot, technicien sous pression déclarait : « Je nous voyais très mal embarqué. » Beaux compliments.

Ce parcours, qui a pris corps le dimanche 29 septembre dernier, sur la pelouse du voisin Saint-Dié, a aussi permis au club de la Porte des Vosges de capitaliser financièrement.

Sans les autres retombées que sont les entrées aux guichets, les buvettes et autre merchandising, partie immergée de l’iceberg, l’US Raon-l’Etape a renfloué son bas de laine avec, d’abord, un apport fédéral de quelque 142 500 euros, dotation offerte pour tout club qui parvient à se hisser en huitième de finale.

Autant dire que ce pécule met du beurre dans le plat d’épinard.

Ce n’est pas un secret, l’US Raon-l’Etape, si elle est radieuse dans ses résultats, n’avait plus de marge de manœuvre avec le nerf de la guerre, sa masse salariale ayant été encadrée par la Direction nationale de contrôle de gestion (DNCG).

« On a fait honneur au maillot et au sport vosgien , lançait Loïc Demangeon, le défenseur raonnais. Je souhaite la même chose à Epinal avec un autre dénouement que le nôtre. » Honneur également à ces bénévoles, que l’on dénombrait à 102, qui avaient donné de leur temps et de leur sueur pour que la réception des Girondins de Bordeaux soit une fête.

Elle l’a été jusqu’à cette 114e minute et ce penalty qui a fait mal.

Si mal. Mais qui permettra aussi aux Raonnais de grandir en gommant ce que tous, dans le milieu, appellent « ces petits détails qui font la différence. » Mercredi soir, elle était de taille.

Elle a fait passer les Vosgiens de héros à maudits.

 vosges-matin.jpgFrancis VERDUN

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Date de dernière mise à jour : 10/03/2013