30ème journée de C.F.A du groupe B - AS Yzeure 2 - 2 US Raon l'Etape, SAS Epinal 1 - 1 AS Moulins, Jura Sud Foot 4 - 0 HS Vesoul, FC Sochaux 2 - 0 FC Mulhouse, Lyon 3 - 1 MDA Chasselay, AS Lyon Duchère 2 - 3 ASM Belfort, FC Montceau 0 - 1 FC Villefranche, US Sarre Union 0 - 1 AS Saint-Priest

Mathieu CROUZAT, l'étoile filante

mathieu.jpgPur produit du centre de formation du Toulouse FC, Mathieu Crouzat s’est engagé avec l’US Raon-l’Etape à la fin du mois de juin.

Un choix assumé par ce jeune joueur qui aurait très bien pu signer professionnel.

Et qui y croit encore.

Il sait d’où il vient et sait encore plus où il va. Pourtant, il y avait de quoi se perdre en chemin.

Celui de Mathieu Crouzat fut d’abord profondément ascensionnel.

Du centre de préformation de Castelmaurou (arrondissement de Toulouse) qu’il a intégré à 13 ans à un premier contrat aspirant de 3 ans au Téfécé, son histoire avec la ville rose a d’abord été… rose.

Une année de feu avec les U17 nationaux du Toulouse FC, ponctuée par une première place – et pas un titre de champion car les championnats nationaux jeunes comportent plusieurs groupes dont les leaders se rencontrent en fin de saison – devait même lui ouvrir les portes du groupe professionnel.

« Mais, à ce moment-là, j’avais 16 ans et le bac de français à passer au mois de juin. Mes parents m’ont conseillé de plutôt me concentrer sur mes épreuves plutôt que de faire la préparation d’avant-saison avec la A. Peut-être que ç’a été mal pris à l’époque, je ne sais pas. C’est vrai que c’est quelque chose qui ne se refuse pas normalement. C’est peut-être le seul regret que je peux avoir aujourd’hui. »

D’autres pourraient légitimement apparaître pourtant.

Car, à la fin du contrat de stagiaire professionnel – d’une durée de 2 ans – qu’il avait signé dans la foulée de cette saison, les choses n’ont pas tourné dans le bon sens, une fois de plus malheureusement.

« A la fin de mon contrat, on m’a annoncé que je ne signerais pas professionnel, se souvient ce jeune homme de 20 ans, né au Brésil (à Horizonte) et adopté par des Français à 6 mois.

On m’a fait comprendre qu’il me manquait quelque chose.

En fait, ils se sont trompés sur mon compte. Un jour avec les U17, un des latéraux s’est blessé. Et on m’a demandé de dépanner là alors qu’on m’a recruté comme milieu de terrain, que ce soit en tant que numéro 10 ou sur les côtés.

Mais ça s’est bien passé en défense et, au bout de quelques matchs, l’entraîneur a décidé de me fixer là.

Offensivement, je m’en sortais bien c’est sûr mais peut-être qu’il me manquait quelque chose défensivement.

Et, même au niveau de l’agressivité, ce n’était pas ça.

C’est ce qui m’a coûté une place chez les pros au final, je crois. »

Il y eut donc cela, mais aussi des pépins physiques.

« Dans ma dernière année de contrat de stagiaire professionnel, j’ai eu des problèmes d’adducteurs et une entorse au genou.

Donc j’ai pu moins jouer et, quand c’est comme ça, les autres prennent naturellement de l’avance sur toi. Il y avait beaucoup de concurrence. »

« Raon-l’Etape, mon tremplin »

dscf6756.jpg

 Première recrue de l’US Raon-l’Etape cette saison, Mathieu Crouzat est un joueur polyvalent, capable d’évoluer au milieu de terrain comme au poste de latéral droit ou gauche. 

 La saison dernière, Toulouse lui propose pourtant un contrat amateur.

« On m’a quand même dit que j’avais le niveau pour faire quelque chose de bien avec l’équipe B. »

Il dispute donc 19 matchs avec l’équipe réserve (CFA2) et inscrit un but.

La page se tourne.

Mathieu Crouzat commence à rédiger des CV avec l’aide de son père et de sa copine, les distribue dans plusieurs clubs « partout en France » , se trouve un agent avec qui il s’engage pour deux ans et se déplace jusqu’à Orléans (National) ou Le Havre (Ligue 2)

– « où c’est difficile de percer car plein de joueurs sont dans la même situation » – pour effectuer des essais.

Et puis Raon-l’Etape se présente.

« A la mi-mai, j’ai eu Jean-Philippe Séchet au téléphone.

Il m’avait dit qu’en cas de montée en National, le club me rappellerait.

Finalement, le club n’est pas monté mais j’ai quand même choisi Raon-l’Etape car je voulais jouer en CFA.

Pourtant j’ai eu d’autres propositions mais j’ai senti qu’on me faisait confiance ici. Et puis, il y a eu tout de suite un bon feeling, que ce soit avec le coach ou le président, Christophe Mendes.

L’entraîneur, que ce soit au niveau sportif ou humain, est vraiment de qualité, insiste-t-il. Et j’ai pu parler avec lui de mon poste.

Il sait que je veux jouer au milieu de terrain mais que je peux très bien dépanner en tant que latéral droit ou gauche.

Le fait que je sois polyvalent, ç’a a compté pour lui. »

Un peu plus d’un mois maintenant qu’il côtoie ses nouveaux partenaires. L’occasion de livrer un premier aperçu. « C’est complètement différent de ce que j’ai connu à Toulouse au niveau des entraînements notamment.

Ce ne sont pas du tout les mêmes séances.

En tout cas, il y a une très très bonne ambiance dans ce groupe et je vois que je suis bien intégré donc ça fait plaisir. »

Et même s’il ne se projette pas dans la durée avec l’US Raon-l’Etape – il a signé pour un an –, ses ambitions sont réelles. « Il faudrait faire mieux que l’an passé, donc monter en National.

Et puis réaliser un bon parcours en Coupe de France parce que c’est quelque chose de très important.

A titre personnel bien sûr, mon objectif est de devenir un titulaire dans cette équipe, de faire des gros matchs pour pouvoir éventuellement taper dans l’œil d’un recruteur.

Il n’y a pas que le Téfécé dans la vie et je sais que ça peut aller très vite.

Dans les deux sens d’ailleurs. J’ai vu des amis à moi ne pas signer professionnel et puis finalement y arriver.

Évidemment, le but n’est pas de faire ma vie ici, à Raon-l’Etape, même si faire une ou deux saisons ici ne me dérangerait pas. Mais c’est plutôt mon tremplin. »

Il sait où il est, il sait où il va.

vosges-matin.jpg Th.B.

Les commentaires sont clôturés

Date de dernière mise à jour : 06/08/2013