30ème journée de C.F.A du groupe B - AS Yzeure 2 - 2 US Raon l'Etape, SAS Epinal 1 - 1 AS Moulins, Jura Sud Foot 4 - 0 HS Vesoul, FC Sochaux 2 - 0 FC Mulhouse, Lyon 3 - 1 MDA Chasselay, AS Lyon Duchère 2 - 3 ASM Belfort, FC Montceau 0 - 1 FC Villefranche, US Sarre Union 0 - 1 AS Saint-Priest

Que sa volonté soit faite

Championnat de France Amateur

Que sa volonté soit faite

le 16 mai 2011

Georges BILON parti, son club doit continuer à vivre, par lui

et pour lui, et ça passe par le maintien de l'équipe fanion en CFA.

 

Un maintien en CFA serait le meilleur hommage que pourraient rendre les Raonnais à leur défunt Président.

Il est loin d'être acquis mais samedi soir, ils ont prouvé qu'ils le méritaient.

Ce qu'il aurait souhaité.

Tout était là.

Quelques mots, non pour effacer une tristesse indéfinissable, mais pour tenter, l'espace de 90 minutes, d'en puiser une force, avant que le deuil ne reprenne le droit que seule la dictature d'un calendrier rigide et inhumain pouvait entraver.

Samedi soir, on a simplement demandé aux Raonnais de jouer leur survie moins de 24 heures après la disparition de leur président Georges BILON, leur père spirituel, patriarche, ami.

Quelle pire abjection que celle - ci ...

Et pourtant, au coup de sifflet final, tous méritaient des morceaux d'éloges.

Car à dire vrai, on était presque préparé à voir CHOULEUR et ses collègues passer à côté de leur sujet, l'esprit bien plus tourmenté par le chagrin que tourné vers les réalités d'un terrain où ils devaient trouver la force de jouer l'antépénultième chapitre de leur opération maintien.

Et on n'aurait jamais osé de leur reprocher.

Mais devant une assistance recueillie et reconnaissante, ils ont fait honneur à la mémoire de Georges BILON, offert une démonstration de courage véritable, un vrai match de football, de ceux qui auraient fait lever leur Président de son siège plus d'une fois.

Une vraie prouesse morale

Le mérite leur revient autant qu'à Richard DEZIRE et son staff, qui face à l'imminence de la situation sportive et malgré l'immense douleur qui les envahissait, ont su exhorter leurs hommes à ravaler leur affliction et partir au front.

Un pragmatisme si cher à Georges BILON.

Et la physionomie de la rencontre leur rendit tous les honneurs, même si l'on pourra toujours regretter quelques imperfections techniques et quelques atermoiements qui leur ont coûté la victoire.

Pardonnez-nous, au lendemain d'un drame et à la veille d'un ultime au revoir, de ne pas approfondir davantage ces considérations, inappropriées aujourd'hui.

Sportivement, l'essentiel était de toute façon ailleurs.

Dans le fait dans l'épreuve et face à l'une des équipes les plus rodées tactiquement et les plus talentueuses que Paul GASSER ait pu voir cette saison, les Raonnais ont répondu présents, dans les têtes, dans le jeu, dans les duels, ne connaissant guère plus de flottements que sur les deux buts Ivryens 75e et 81ème minute.

Dans un grand soir, et ne manquant pas d'inciter ses partenaires à pointer index et regards vers le ciel sur son premier but, Franck DUFRENNES, par son doublé 54e et 80ème minute, faillit offrir aux Raonnais une ligitime récompense à cette prouesse morale.

" Mais il faut croire qu'il nous manquera toujours quelque chose cette saison" analysait tout de même Richard DEZIRE, conscient que les succès de Belfort ( malgré la défaite de Lyon Duchére à Sochaux hier ) , oblige les Raonnais à prendre des points dès samedi à Mulhouse pour assurer le maintien " Mais on a d'autres priorités dans les jours qui viennent, avant de se replonger dans ce qui sera notre fin saison sportive, conclut-il péniblement.

Je l'entends ( Georges BILON ) d'ici me dire "Rich", on ne refera pas l'histoire".

Il était très pragmatique... il faudra penser au prochain match.

Mais en son heure.

Car l'heure est au recueillement, aux prières, aux adieux.

Entouré et soutenu qu'il le sera par les proches de Georges BILON, sa famile, ses amis et tout le football Vosgien, le clan Raonnais peut enfin s'abandonner à son deuil.

Gageons qu'il l'aide à repartir dans sa quête de maintien avec une force nouvelle, suffisante pour refermer ce funeste chapitre par la conclusion à peine réconfortante mais primordiale que serait cette pérennisation du club en CFA.

L'accomplissement de ce devoir prouverait à " Jojo " , le bâtisseur qu'il fut, l'ambassadeur qu'il est et le guide qu'il restera, que ses enfants son prêts à poursuivre son oeuvre sur les piliers solides qu'il a fondés et laissés entre leurs mains.

Là encore, c'est ce qu'il aurait souhaité.

   P-E.B. Journaliste à Vosges matin

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