30ème journée de C.F.A du groupe B - AS Yzeure 2 - 2 US Raon l'Etape, SAS Epinal 1 - 1 AS Moulins, Jura Sud Foot 4 - 0 HS Vesoul, FC Sochaux 2 - 0 FC Mulhouse, Lyon 3 - 1 MDA Chasselay, AS Lyon Duchère 2 - 3 ASM Belfort, FC Montceau 0 - 1 FC Villefranche, US Sarre Union 0 - 1 AS Saint-Priest

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Le 9 fevrier 2008 hassan benkajjane le raonnais a gauche avait subi la loi 2 3 de loic demangeon le spinalien au stade paul gasser archive eric thiebaut


Le 20 novembre 2013

Le premier a rejoint cet été le SA Spinalien que le second a quitté il y a un an et demi pour l’US Raon-l’Etape.

Hassan Benkajjane et Loïc Demangeon vont se retrouver, samedi, pour la première manche du derby de CFA.

Entretien croisé sur fond de souvenirs.

Quand on vous dit « derby », quelle est votre première pensée ?

Loïc Demangeon : demangeon-n-1.jpg« Un derby, ça ne se joue pas, ça se gagne (rires). »

Hassan Benkajjane :Hassan  « Comme on dit souvent, ça se gagne avant tout. Pour moi, un derby, c’est déjà faire le maximum pour l’emporter.

Quand on le perd, cela fait mal. »

Vous avez changé de maillot (il y a une saison et demie pour Demangeon et cet été pour Benkajjane). Votre approche personnelle et celle, collective, sont-elles différentes de ce que vous avez connu avec vos anciens clubs ?

Loîc DEMANGEON.  : « Pas du tout. Je suis avant tout un compétiteur et je prépare les matchs toujours de la même façon. Après, un derby, que je sois dans un camp ou dans l’autre, n’a de saveur que si la victoire est au bout. Seul le succès est appréciable. »

Hassan BENKAJJANE.  : « On n’a pas encore évoqué ce match. On essaie de ne rien changer à nos habitudes. Sur un plan personnel, je vais tenter de le rendre ordinaire, même si mon environnement, dont vous, la presse faites partie, vous me rappelez que c’est un match particulier. Mais je suis arrivé à un certain âge (32 ans) où je ne me prends plus la tête. »

Avez-vous toutefois une sensation spéciale avant ces retrouvailles avec un club qui vous tient à cœur ?

Loïc DEMANGEON. : « A chaque fois, c’est bizarre en effet. En face, que je sois sous le maillot de Raon ou sous celui d’Epinal, j’ai des amis. Ces matchs-là ne sont quand même pas pareils. Mais, il ne faut pas exagérer, il n’y a pas la haine d’un PSG – OM. On veut certes gagner, mais en respectant l’adversaire. On ne se fera pas pour autant de cadeaux. Simplement, il n’y aura pas la volonté de faire mal. On peut parler d’un derby entre gentilshommes. La tension est retombée depuis plusieurs années. Des changements ont eu lieu dans les deux clubs, les deux équipes. Mais il ne faut pas renier ce qui a été fait. Le club reste le club et on veut donc toujours l’emporter. »

Hassan BENKAJJANE. : « Oui. J’avais déjà rencontré Raon avec des autres clubs (Mulhouse et Villefranche), mais cela n’a pas le même goût que ce derby-là. Quand on a vécu ce que l’on a vécu avec Raon, ça fait beaucoup de choses. Mais, c’est gérable. »

Peut-on toujours parler de rivalité, de guerre de clocher ?

Loïc DEMANGEON. : « On continue de se chambrer. Le samedi soir, le premier résultat que l’on regarde, c’est celui d’Epinal. Eux en font de même. C’est une sorte de guéguerre, mais cela reste gentil. J’estime que Raon est le petit et j’ai toujours dit qu’Epinal doit être le premier club du département. Cela étant, battre Epinal, c’est un grand plaisir. »

Hassan BENKAJJANE. : « Raon et Epinal sont les deux clubs phares du département. Etre deuxième, ce n’est pas mal, mais on veut être le premier, c’est certain. En tout cas, si on vient à gagner ce match, ce sera fort parce que je connais bien le groupe raonnais, que j’ai encore vu samedi à Lunéville, et, croyez-moi, ils ne lâcheront rien. »

Est-ce le match – les matchs si on tient compte du retour – de la saison ?

Loïc DEMANGEON. : « Non. Il ne vaudra que quatre points. Maintenant, localement, dans la tête des gens, cela a une valeur particulière de battre le voisin. C’est gratifiant. »

Hassan BENKAJJANE. : « On a noté les dates de ces matchs, mais cela reste un match comme un autre pour nous qui avons l’objectif d’être en haut (du classement) en février pour ensuite envisager mieux. Alors tous les points comptent. Il y en aura quatre en jeu samedi, mais quoi qu’il arrive, on n’en aura pas plus après. »

A votre avis, existe-t-il un sentiment de supériorité ou d’infériorité, voire de persécution d’une équipe par rapport à l’autre ?

Loïc DEMANGEON. : « Je n’ai jamais ressenti ça. Raon est un club atypique qui a toujours réussi des choses extraordinaires avec ses moyens limités. Les gens, les supporters, sont conscients qu’il y a une différence entre les deux clubs. Ce qui différencie Raon et Epinal, c’est qu’il me semble que les Raonnais sont peut-être plus enthousiastes quand ça va mal. A Epinal, on n’est pas vraiment aidé dans la difficulté. »

Hassan BENKAJJANE. : « Quand on parle du derby, il faut faire abstraction du classement. Ce sont des matchs particuliers, où les joueurs se surpassent ou sont tétanisés par l’enjeu, l’atmosphère. Ce qui prime, c’est de mettre tous les ingrédients nécessaires pour l’emporter. »

Quel souvenir singulier gardez-vous d’un derby ?

Loïc DEMANGEON. : « C’est un épisode à la fois heureux et délicat. C’était mon tout premier derby, en Coupe de France (6e tour, le 9 novembre 1997), avec Epinal. Les deux équipes étaient en National. On était venu s’imposer aux tirs au but (1-1, 3 tirs au but à 0) et, après, le club avait déposé le bilan (début mai 1998). J’ai aussi noté, et c’est un peu bizarre, que chaque année, il y a un écart entre les deux équipes. Soit hiérarchique, soit potentiellement, il y a une équipe plus faible que l’autre. Cette année, je sens que le derby aura plus de saveur, même si, intrinsèquement, Epinal est plus fort que Raon. »

Hassan .BENKAJJAN. : « Je me souviens surtout qu’il y a une rivalité, mais qui ne va jamais au-delà. Les deux clubs se respectent beaucoup. On le ressent dans le discours des présidents. Ensuite, c’est parfois un peu chaud sur le terrain, mais j’ai vécu des derbys avec Mulhouse face à Colmar et je peux vous dire que cela n’a rien à voir. En Alsace, c’est un peu plus tendu, car les supporters s’en mêlent. Ce qui me marque, dans ce genre de match, c’est que quand je le gagnais , j’avais l’impression de faire mon job alors que, quand je perdais, j’étais plus triste que pour toute autre défaite. »

Recueilli par Francis VERDUN de Vosges matin

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Date de dernière mise à jour : 20/11/2013